La vague

 

Sur le chevalet

Une toile blanche attend

Le bleu de la mer…

 

Derrière les oyats, la mer. L’océan, un après-midi d’automne balayée par le vent. Au loin, ce n’est qu’un point noir minuscule au milieu de l’océan, un peintre avec son chevalet. Il se tient debout sur un banc de sable face à la mer, tenant dans sa main un pinceau. Sur le chevalet est posée une toile vierge. L’homme fixe l’océan. De temps en temps, il trempe son pinceau dans une soucoupe et trace sur la toile quelques traits aussi légers que les battements d’ailes des mouettes. Les soies du pinceau déposent une ombre très pâle que le vent sèche aussitôt et fait disparaître. Dans la tasse, il n’y a que de l’eau ! De l’eau de mer…

 

Une femme seule

Les yeux bleus dos à la plage

Regarde le large…

 

Traversant la dune, un autre point noir apparaît au milieu du sable… Une femme aux yeux bleus enveloppée dans un long manteau noir descend vers l’océan…

 

Glissant en silence

Une esquisse sur la toile

Les soies du pinceau

 

Voilà des jours, des semaines, peut-être même des mois que l’homme essaie de peindre la mer. Il hésite un instant, trempe son pinceau dans la soucoupe, puis l’approche du visage de la femme, et saisit une larme. Tandis que la femme s’éloigne à travers les oyats, d’un geste précis le peintre trace une première vague sur la toile, puis une autre, et une autre encore… L’homme sait à cet instant qu’il ne reviendra plus jamais peindre la mer…

 

Sur le sable humide

Se mêlant au cri des mouettes

Le bruit de la vague…